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On cherche: des voyants

Impressum: auteur Gregor Gubser – Article dans Prévoyance Professionnelle Suisse, page 22, publié le 19 mai 2011. La traduction en allemend voir ici.

Beaucoup de choses seraient tellement plus simples si nous savions ce que nous réserve l’avenir. L’OFAS aurait pris plus de temps pour élaborer la réforme structurelle. Ursula Gut aurait su à qui elle pouvait faire confiance. Les caprices du temps n’auraient plus de secrets pour nous et ceux de la bourse non plus.

Le 17 avril, la NZZ a publié un dossier fouillé au sujet de la prévoyance vieillesse. Le 2e pilier y figure naturellement en bonne place. Il est par exemple abordé dans l’interview avec Yves Rossier, directeur de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Parmi d’autres questions, Rossier y répond à celle concernant la réforme structurelle et réagit à l’extraordinaire abondance des réponses à la consultation (plus de 500). 250 de ces réponses se ressemblent de très près, ce qui fait dire au directeur de l’OFAS: «c’est le travail d’agences de RP qu’on a fait intervenir.» Il défend d’ailleurs la réforme structurelle corps et âme et en bloc et insiste notamment sur le bien-fondé des directives de bonne gouvernance qui interdiraient les modèles commerciaux où un contrat de gestion des actifs est signé par une seule et même personne du côté de l’institution de prévoyance aussi bien que du côté du gestionnaire de fortune.

Les deux affirmations n’ont pas été du goût de Herbert Brändli, président du conseil d’administration de la société B+B Vorsorge AG et président du conseil de fondation de la fondation collective Profond. Il a réagi par un courrier des lecteurs qui a été publié dans la NZZ du 21 avril. A la critique de Rossier concernant l’uniformité des réponses à la consultation il rétorque ceci: «Je trouve inquiétant et plus que léger que Monsieur Rossier classe ces prises de position comme un simple gag publicitaire en s’appuyant sur une seule (fausse) source.»

Accélération du processus de concentration des caisses de pensions

La réforme structurelle risque de transformer le paysage des caisses de pensions en Suisse plus profondément que ne le souhaitait le législateur. La faute en est aux surcoûts qu’engendrent les nouvelles régulations y imposées, estime Hans-Ulrich Stauffer. Les premières touchées seraient les petites caisses qui ne peuvent ou ne veulent supporter ces coûts supplémentaires. La «NZZ am Sonntag» du 24 avril cite Stauffer en ces termes: «La complexité grandissante et inutile du deuxième pilier pousse de plus en plus de caisses de pensions autonomes à abandonner et à se réfugier dans le giron d’une assurance sur la vie.»

Dans cet article signé par Charlotte Jacquemart, l’auteure parle d’une évolution contre-productive. Par son non retentissant à une baisse du taux de conversion minimal, le souverain a avant tout voulu exprimer sa méfiance à l’endroit des assurances sur la vie, estime-t-elle. «Mais le Conseil fédéral a interprété le non du peuple comme un vote de méfiance générale à l’endroit de tout le deuxième pilier», poursuit-elle.

Erreur de jugement de la directrice des finances

Un an à peine après l’éclatement du scandale autour de la BVK et de l’ancien responsable des placements Daniel Gloor, le «Tages-Anzeiger» se penche une nouvelle fois sur toutes les imbrications du dossier à l’appui de nouvelles informations. Ces informations proviennent d’un arrêt du tribunal fédéral motivant le refus de libération de Thomas Leupin, l’un des conseillers impliqués dans l’imbroglio. Le quotidien parle de «l’une des affaires les plus embarrassantes» à plus d’un titre. Il est notamment très gênant que la directrice des finances Ursula Gut ait passé outre à la résistance des délégués des salariés pour imposer un investissement dans des hedgefunds effectué via la société DL Investment dont Leupin était le propriétaire. Cet investissement a dû être intégralement amorti, il s’agissait donc d’une grossière erreur.

Prédire l’imprévisible

Les météorologues et les investisseurs sont placés devant un problème assez similaire: ils essaient de formuler des pronostics au sujet de phénomènes qui sont régis par de nombreux impondérables. Le parallèle semble en tout cas avoir frappé les responsables de la banque liechtensteinoise Frick qui ont composé le programme d’un séminaire dont le compte rendu figure dans l’édition du 26 avril de la «Basler Zeitung.» Un des conférenciers invités était en effet le météorologue Thomas Bucheli qui n’a cependant pas parlé de la pluie et du beau temps des prochains jours, mais du climat et de ses changements. Il ne s’est toutefois pas arrêté là mais a aussi livré son conseil de placement personnel: «Il faudrait exploiter le potentiel du vent et du soleil, et le plus tôt sera le mieux.»

Une différence fondamentale est quand même apparue entre les prévisions météorologiques et les pronostics boursiers: Erwin Heri, professeur en théorie des marchés financiers à l’Université de Bâle, a attesté plus de succès aux météorologues: «Tandis que les météorologues ont un taux de réussite de 85 à 87 % dans leurs prévisions météorologiques pour un jour, les gourous boursiers ne tomberaient pas plus à côté s’ils faisaient leurs pronostics au hasard. Car à la différence de la météo, il existe sur les marchés financiers un effet de rétroaction: les pronostics changent le comportement des investisseurs, le système reçoit de nouvelles informations et réagit différemment.». 
 

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