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Le taux de conversion

À l’aide du taux de conversion, les caisses de pension indiquent à leurs assurés quel sera le montant de la rente qu’ils percevront en échange de leur avoir de vieillesse personnel. Si le taux de conversion est abaissé, cela veut dire qu’à avoir de vieillesse égal, ils toucheront une rente de vieillesse inférieure.

En 1985, le taux de conversion LPP se situait à 7,2%. Autrement dit, un avoir de vieillesse de 100 000 francs se traduisait par une rente de vieilles de 7200 francs. Si le taux de conversion est abaissé à 6,4 %, ce même avoir de vieillesse ne dégagera plus qu’une rente d’environ 6400 francs. Ainsi, année après année, les retraités toucheront une rente de vieillesse inférieure de 11 % et pourtant censée leur permettre, avec l’AVS, de maintenir leur niveau de vie habituel.

Ce but ancré dans la Constitution ne pourra pas être atteint si l’on abaisse le taux de conversion car notre niveau de vie a crû constamment depuis 1985 et que les avoirs de vieillesse individuels augmentent dans des proportions moindre en raison de la baisse des taux d’intérêt. En 1985, il faillait rémunérer les avoirs de vieillesse à au moins 4 %, alors qu’aujourd’hui le taux minimal LPP ne se situe plus qu’à 2 %. À mesure qu’ils baissent, les taux de conversion s’appliqueront donc à des avoirs de vieillesse toujours plus réduits.

Par rapport aux paramètres minimums de 1985, l’abaissement simultané des taux d’intérêt et de conversion entraîne une réduction de 30 % des rentes de vieillesse. Or, le niveau de vie mesuré au produit intérieur brut (PIB) par tête a crû durant la même période de 50 %. Face au fossé toujours plus large qui s’ouvre entre les charges et les revenus, bon nombre de salariés se demandent à juste titre si les caisses de pension sont encore un organisme adéquat pour gérer leur régime de prévoyance retraite.